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Films / Afrique

L’Afrique s’invite au Festival du Court métrage de Clermont-Ferrand

Le programme Regards d’Afrique : 12 films courts, autant de réalisateurs prometteurs !

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Pionner, le court était bel et bien le premier film tourné en 1895 par les frères Lumière. 

 

Ce format peut également se targuer d’être le digne écho de ce qui se murmure dans le monde entier. Convaincu de cela, Clermont-Ferrand, est ainsi chaque année, l’espace de quelques jours au début du mois de février, la capitale du Court métrage. Sa programmation d’une importante variété et richesse, présente d’innombrables programmes : National, international, « Tous à table », « A court de rôle », « Rétrospective suisse », « Court de rattrapage », « Brèves digitales », j’en passe… et bien sûr le programme Regards d’Afrique.

Les films projetés dans le cadre du programme Regards d’Afrique sont directs. Lorsqu’un film dure entre 3 et 25 minutes, il est en effet préférable de s’attaquer rapidement à l’essentiel.

Robin Andelfinger et Ibrahima Seydi pour Mama Bobo from CINEMAS93 on Vimeo.

Pulsion suicidaire et conflit identitaire d’un jeune homme (Awake de Justus Macharia – Kenya, Royaume-Uni), jeune fille en proie à sa condition de femme en Tunisie (Black Mamba d’Amel Guellaty, Tunisie), père confronté à la mort de son enfant (Still water runs deep d’Abbesi Akhamie – Nigéria, Etats-Unis), jeune sénégalais frayant avec le radicalisme religieux (Fallou d’Alassane Sy – Sénégal, Royaume-Uni), parcours de vie d’un jeune homme schizophrène paranoïaque (Hum de Willem Grobler – Afrique du Sud),…

Pour le reste, l’approche frontale de ces films est certainement également dû à l’aspect brut et sans fard des différentes cultures des réalisateurs africains sélectionnés dans ce programme.

Une touche d’humour, de poésie et d’amour mêlés à une délicate nostalgie apparaissent également présents et embellis par un travail photographique particulièrement léchée dans certains de ces films (Il pleut sur Ouaga de Fabien Dao – Burkina Faso, France & Mama Bobo de Ibrahima Seydi, Robin Andelfinger – Sénégal, France, Belgique).

Un regard anthropologique et documentaire posé sur une pratique rituelle de guérison (Pran nesans de Daniella Bastien – Ile Maurice), le commerce ambulant d’aphrodisiaque en RDC (Tabu de Nelson Makengo – République démocratique du Congo), un angle social et traitant du rapport homme-femme (Chebet d’Anthony Koros - Kenya, Etats-Unis & Black Mamba d’Amel Guellaty – Tunisie) et l’histoire d’individus nés du mauvais côté du mur (Derrière le mur de Karima Zoubir – Maroc, Qatar & Sea of ash de Michael MacGarry – Afrique du Sud), tous ces films donnent à entendre leur point de vue très personnel et bien souvent savamment engagé en un temps imparti définitivement très court.

Et si l’on parvient à dire tant et dans une telle esthétique en si peu de temps, on en vient à s’étonner de la longueur des films habituellement projetés sur les grands écrans de nos salles de cinéma adorées.

A dire pour conclure, que ces réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma valent le détour et que la création cinématographique du continent en a sous le pied et n’est certainement pas à court d’idée.

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Plus de 160 000 entrées !

L’événement Clermontois dépasse aujourd’hui les 160 000 entrées et fête cette année sa 40ième édition.

Sa renommée internationale n’est certainement plus à faire.

Quand à son public, de tous âges et couches sociales confondues, il se mêle joyeusement aux professionnels du milieu venus repérer les embryons de réalisateurs prodiges qui feront peut-être leur succès ou leur fortune de demain.

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