Sahelistan de Samuel Laurent

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Sahelistan de Samuel LaurentJuin 2013 / Essais / Libye - Mali
3 etoiles
Sahelistan
de Samuel Laurent
Seuil
Au coeur du Jihad africain. 

 

Derrière un titre un brin provocateur, Samuel Laurent, journaliste pour le compte d'investisseurs asiatiques, pose une question capitale : depuis la fin de la guerre d'Afghanistan, n'est-ce pas au Nord de l'Afrique que siège la forme la plus violente et radicale de l'islamisme mondial ?

Portraits d’une révolution à la Pyrrhus

Pour Samuel Laurent, le projet de ce livre naît en Libye, l'année qui suit la chute de Kadhafi. Il y découvre un pays au bord du chaos et, plus grave, un climat de violence prêt à se répandre dans toute la région. La crise au Nord du Mali lui donnera raison.

On suit l'auteur dans son diagnostic sans appel sur la propagation de l'islamisme et sur les mutations du discours religieux en critique politique contre l'Occident.

En revanche, on regrette le trop peu d'attention apporté au cas tunisien, qui semblait pourtant à propos. En quoi la Tunisie, qui a à sa tête un pays islamiste et qui est devenue un des principaux pourvoyeurs de jihadistes en Syrie doit-elle être incluse dans ce " Sahélistan " ?

Y-a-t-il des passerelles entre le conservatisme religieux incarné par Enahda et les mouvances armées proches d'AQMI ?

Autant de questions qui auraient permis de mieux légitimer un titre Sahelistan, un brin tape-à-l'oeil et provocateur.

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zoom

La remise en question de l'interventionnisme français

En se focalisant sur les cas libyen et malien, Samuel Laurent a au moins le mérite de faire un premier bilan des interventions françaises dans le pays.

Ces deux interventions qui ont reçu l'aval de l'opinion internationale, de l'ensemble des gouvernements occidentaux et des populations locales n'ont pourtant pas apaisé les tensions dans la région, bien au contraire.

Loin de partager le consensus sur la nécessité d'intervenir dans ces deux pays, Samuel Laurent tente de changer de paradigme et demande à ce qu'on tente dorénavant de prévoir davantage les dommages collatéraux avant toute invasion. Une leçon à retenir si l’islamisme venait encore à se propager dans d’autres pays de la région.

Romain Dostes

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On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

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