Still Barking de Mapaputsi

Partager cet article

 

 

Still_Barking_de_MapaputsiAlbums / Afrique du Sud
4_etoiles
Still Barking
de Mapaputsi
EMI South Africa
Bienvenue dans les townships musicaux de Johannesburg : visite accompagnée par le maître incontesté du kwaito, riche alternative au « rap-house » d'Occident...

 

Mapaputsi, c'est d'abord un nom. « Paputsi » vient de l'argot italien « chaussures », fort utiles pour parcourir le monde. Recréé version Zulu, c'est le signe d'une histoire à raconter au monde entier et d'une musique à diffuser sur les ondes de la terre entière.

Ce que fait Mapaputsi, un des plus grands groupes sud-africains depuis 1998, connu et reconnu pour son art du kwaito : plus que de la house, plus que du hip-hop, plus que du rap, et encore plus que les déhanchés du ragga... Un flow à part et innovant que Mapaputsi maîtrise à la perfection.

Difficile de résister à Kleva, tube qui fait vibrer la jeunesse sud-africaine en 2003 et consacre le groupe déjà très en vogue. Pas étonnant de le retrouver dans Still Barking sous le titre Mapaputsi Best.

Le style de l'album est direct : trois cerbères aboyant et leur maître Sandile Ngwenya (alias Mapaputsi) trônant en chef d'orchestre devant des barbelés...

Une couverture qui promet un programme épicé : du Best donc, un ton bien affûté pour Fighter Fighter qui fait sonner le kwaito comme un chant de guerre, pour enchaîner sur une « balade » (traduire : un kwaito « allegro ») avec Jesus... et un Awubheji qui fait quelques emprunts au disco et au tube Upside down de Diana Ross... et donne un mélange plus que réussi !

Ne reste plus qu'à convaincre ceux qui, de prime abord, ne sont pas trop enclins à l'écoute du rap.

Trois raisons :
1. Le kwaito est plus qu'un rythme, c'est un style ancré dans le vécu historique des ghettos sud-africains et dans une colère populaire qui dépeint l'ambiance des townships post-apartheid.
2. Malgré le titre de son album, Mapaputsi n'aboie pas. Au contraire, il a une voix brisée qui donne un charme particulier à ses chansons et pourrait presque rivaliser avec les bluesmen.
3. Le résultat final tranche avec le rap/R'nB « plan-plan » que l'on connait en France : de quoi prendre de la graine... et réanimer les discothèques.

 

zoom

Le kwaito ou la voix de la nouvelle Afrique du Sud

Urbain, il était le battement de coeur de la sous-culture des townships sud-africains et il est devenu une culture de masse.

Métissé, il marie le dialecte Zulu au vocabulaire Afrikaaner des « blancs » et la pop' occidentale à des styles musicaux plus traditionnels.

Enragé, il raconte le quotidien d'une jeunesse post-apartheid qui cherche sa place dans la jeune démocratie sud-africaine.

Le kwaito, c'est le coupé décalé de Côte d'Ivoire, le soukouss du Congo, la morna du Cap Vert : c'est LA musique qui influence aujourd'hui la vie du pays.

Son premier label : c'est GhettoRuff, créé en 1980 et qui a fait émerger depuis des artistes venant de toutes trajectoires : SDF, gansters, jeunesse perdue des ghettos, danseurs freestyle en boîte, vendeurs à la sauvette, le kwaito est désormais accessible à tous et permet aux plus talentueux de vivre de leur art.

Ils dansent, chantent, mixent, inventent, écrivent aussi, comme Nif Mhlongo dans son livre Dog Eat Dog (Kwela Books. 2004), où il raconte ses aventures à Soweto et à l'Université de Witwatersrand et livre quelques anecdotes sur la naissance du kwaito : 'This is the new national, hybrid generation that is united in a new kind of struggle : against Aids, poverty, xenophobia, unemployment, crime, etc."

Les artistes kwaito sont nombreux, et ont beaucoup de choses à dire. Mouvement à suivre !

Anaïs Angelo

​ 

Article précédent
Toumastin de Tamikrest
Article suivant
Sawa Sawa Sawalé
 
Ajouter un Commentaire
Code de sécurité
Rafraîchir
 

On ne va tout de même pas se quitter comme ça !

Restons en contact


À bientôt !