La_plantation_de_Calixthe_BeyalaRomans / Rhodésie - Cameroun
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La plantation
de Calixthe Beyala
Aux Editions Albin Michel
En immersion dans la société rhodésienne.

 

Thomas Cornu, un Rhodésien dont les parents originaires de Lille avaient fui la guerre en 1939, est à la tête d’une géante plantation de tabac.

Lui, sa femme et leurs deux filles détonnent dans la société coloniale par leur folie et leur extravagance.

Si les parents de Blues et de Fanny vivent une vie coloniale enchantée, presque utopique, il n’en est pas de même pour elles. Entre temps, le « président démocratiquement élu à vie » décide l’expropriation des fermiers blancs.

Une sorte d’ « Autant en emporte le vent » africain…

Pour la première fois, une écrivaine noire se met à la place des Blancs, des colons.

Or, Calixthe Beyala ne prend pas le parti de décrire le visage oppressant du colon. Cette société ressemble au contraire à un Eden fait « de vastes étendues d’une terre moelleuse à l’herbe grasse, de grottes détentrices des faux secrets d’ancêtres, de rivières receleuses d’or… » . 

Or, si les descriptions sont souvent réussies, et si l’auteur réussit incontestablement à restituer avec justesse l’atmosphère de tension de la Rhodésie des années post-1960, le livre pêche parfois par une certaine maladresse de style.

Décrit par sa maison d’édition comme « l’Autant en emporte le vent africain », ce roman n’a pourtant ni le souffle ni l’élégance de l’épopée américaine.

ZOOM

Calixthe Beyala, écrivaine et militante de la cause noire en France

Née en 1961 à Douala, au Cameroun, Calixthe Beyala rejoint la France à dix-sept ans.

Auteure d’une œuvre prolifique, elle est récompensée aussi bien par la critique africaine (Prix littéraire d’Afrique Noire pour Maman a un amant) que par la critique française (Grand prix du roman de l’Académie française pour Les Honneurs perdus).

Militante pour la représentation des Noirs dans le paysage audiovisuel français, elle est la fondatrice du Collectif Egalité. Elle a également porté plainte contre le CSA en 1998 pour contester l’absence de Noirs à la télévision.

Romain Dostes